Des syndicalistes guatémaltèques dénoncent l'impunité et la généralisation de la corruption dans leur pays

A l’initiative de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et du Mouvement guatémaltèque des syndicats, des agriculteurs et des indigènes, plusieurs syndicalistes guatémaltèques ont voyagé en Europe, du 3 au 20 novembre 2008. Ils voulaient dénoncer la répression en cours dans leur pays afin d'obtenir l'aide de la population, des institutions et des hommes politiques européens. Au Guatemala, une majorité de travailleurs ne peut pas adhérer à un syndicat. Souvent, ils n’ont pas le droit de négocier leurs conditions de travail avec leur employeur alors que celles-ci restent inacceptables (salaire minimum trop bas, horaires à rallonge, absence de sécurité sur le lieu de travail ...). De plus, l’économie favorise l'importation de dentrées alimentaires au détriment de la production locale guatémaltèque.

Si pour le délégué syndical, José Pinzón (CGTG), membre de la délégation, « le nouveau président, Álvaro Colom, a tenu des propos encourageants lorsqu’il a pris ses fonctions en janvier 2008, ces déclarations n'ont donné jusqu'à présent aucun résultat visible. »

Pinzón insiste également sur la corruption qui gangrène son pays et qui sévit en premier lieu au sein des instances dirigeantes. “La plupart des ministères sont complètement corrompus. Lorsque des travailleurs veulent constituer un syndicat, le ministère du Travail se charge d'avertir leur entreprise! Nous devons combattre ensemble cette corruption généralisée. Il y a quelques mois, quelque 82 millions de quetzales (soit 8,6 millions d’euro) « ont disparu » sans laisser de traces ».

Durant leur séjour en Europe, les membres de la délégation souhaitaient obtenir la plus grande aide possible. « Nous espérons que la Belgique pourra influencer les pouvoirs publics et privés au Guatemala ». Pinzon espère ainsi « stopper l'impunité. Cette mission veut favoriser une globalisation de la solidarité. Nous voulons consolider notre coopération avec nos partenaires belges et européens et la transformer en actes concrets ». Le Président de la CSC, Luc Cortebeeck a déjà fait savoir qu'une délégation de l'Organisation Internationale du Travail se rendra en février au Guatemala. Cette délégation sera constituée de représentants de l'OIT, de différents partis et de délégués syndicaux. (L.V.D.B.)

Extraits de « Visie » n°.32 du 14/11/2008