Daniel Pascual (Guatemala)

Au Guatemala, le Comité de Unidad Campesina (CUC) lutte pour les droits des ouvriers agricoles. Leur coordinateur, Daniel Pascual, soutient ainsi de nombreux paysans, comme par exemple les ouvriers de Finca San Gregorio. Pendant 30 ans, des contributions sociales ont été retenues sur leur salaire sans jamais être transférées par les propriétaires de l'entreprise. Lorsque les ouvriers et ouvrières ont envisagé de prendre leur pension, entre 70 et 95 ans, ils se sont aperçus que leurs quotes-parts n'avaient pas été transférées et qu'ils ne pouvaient dès lors plus compter sur le programme d'invalidité, vieillesse et survie. A cause de son engagement, Daniel Pascual a été accusé de terrorisme et vit sous une menace permanente.

Daniel Pascual, coordinateur du CUC, en a particulièrement fait les frais. Deux plaintes judiciaires ont été déposées à son encontre : l'une du vice-président du groupe proche de la cimenterie située dans la commune de San Juan Sacatapéquez, l'autre du fils de l'ancien Ministre des Affaires étrangères à l'époque de l'ancien Général Efraín Ríos Montt, accusé aujourd'hui de génocide.

Mais le coordinateur du CUC n'est pas le seul à devoir faire face à des agressions. Le 2 septembre dernier, Esteban Hermelindo Cux, un autre responsable national du CUC, a été agressé avec sa famille à Panzós, dans le département d'Alta Verapaz. Blessé, il a dû être hospitalisé. Le frère d'Hermelindo a également été attaqué et blessé à la machette. Une troisième personne a également été passée à tabac.

Enfin, nous soulignons également la répression commise par la famille Campollo, l'une des plus fortunées du Guatemala. Plus de 250 anciens travailleurs de la finca San Gregorio dans la commune de Coatepeque, Quetzaltenango, ont été dupés par cette famille pendant 30 ans. Pendant tout ce temps, les cotisations sociales destinées à l'Institut officiel de sécurité sociale (IGSS) ont été déduites de leur salaire, mais les propriétaires n’ont pas transféré ces cotisations à l'institut, privant ainsi les travailleurs, une fois retraités, de leurs droits au programme d'invalidité, vieillesse et survie. Pour pouvoir faire pression, ils ont entamé une action de protestation qui a duré quatre jours. Lorsque l'avocate Eugenia Sandoval a proposé de faire une médiation, ils sont retournés dans le rang sans incident.

Mais au lieu de répondre aux exigences légitimes des pensionnés, la famille Campollo a lancé, avec la complicité du Ministère public, une offensive en août en faisant arrêter 16 personnes. Et ces actions se sont produites précisément le jour anniversaire du bain de sang de la finca la Exacta de 1994. Suite à une expulsion ordonnée par les familles Campollo et Blanco Aguirre, 10 agriculteurs avaient alors été assassinés.

Nous demandons que justice soit rendue aux anciens travailleurs de la finca et que la liberté d'expression, d'organisation et de manifestation soit respectée. Plus spécifiquement, nous demandons qu'il soit mis un terme aux intimidations des responsables et des membres du CUC, qu'ils puissent être entendus et protégés et non attaqués.

Qu'est-ce que vous pouvez faire?

  • Envoyez une lettre à l'ambassade de Colombie via ce lien afin de retenir leur attention sur ces cas.
  • Joignez-vous à l'action Stop The Killings le 8 Décembre prochain.
  • N'hésitez pas à partager l'affiche de la campagne sur Facebook ou Twitter.