10 militants des Jeunes CSC aux Philippines

Du 29 janvier au 12 février 10 militants des Jeunes CSC sont aux Philippines. Ci-dessous leur 1er récit de voyage.

Depuis que la présidente Arroyo des Philippines est arrivée au pouvoir, on comptait début 2006 plus de 400 exécutions. Les meurtres sont commis dans un climat d'impunité. Les coupables sont rarement punis ou pas du tout. Des violations sont commises contre les droits humains des philippins, l’intimidation à l’encontre de celles et ceux qui défendent les droits humains sont toujours menacées. Il faudrait mettre en avant le non-respect et l’absence des droits de l'homme des philippins. Les philippins nous ont declaré qu’il ont encore plus peur qu’auparavant car les elections approches. Peur pour leur vie, leur famille et que la situation ne cesse de s’aggraver.

Ce qui m’a poussé à faire part de cette plateforme « Stop the killings » est cette volonté de se battre pour les droits des autres et en particulier ceux des philippins. Soutenues par les organisations à vocation internationale comme la CSC-ACV (entre autres les Jeunes CSC) et en tant que témoin et activiste, je me suis engagée dans cette cause. Un des objectifs est de favoriser le développement et la relation dans le maintien des droits des philippins.

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La rencontre du 2 février 2010 avec Tony et Mike de la centrale KMU Mineur a été un moment très frappant. En effet, Tony nous expliquait la situation des mineurs et de leurs conditions de travail, spécifiquement des salaires impayés depuis 8 mois. Il faut savoir que leur salaire de base est de 7 000 pesos/mois (120 euro) et ils n’ont été payés que 1 500 pesos/mois, ce qui n’est pas du tout suffisant pour entretenir une famille. Imaginez-vous un peu et mettez-vous à leur place,…Qui peut accepter cette situation ?

Un autre moment fort est celui de la visite d’un affaissement de terrain (selon le gouvernement) qui a ensevelit une partie du village. Le gouvernement nie le fait que ce sont les travaux des mines (remplacement des pilons par du sable) qui a causé cela. Et pourtant, la population qui est la première concernée est convaincue de cela. Il y a une nécessité d’agir! Et de les soutenir urgemment dans leur combat. Je reste encore très impressionnée par leur courage, leur opiniâtreté et leur volonté de se battre pour valoir leurs droits. Prendre des mesures afin de mettre fin aux extorsions et harcèlements à l’égard des habitants et assurer à tous une protection.

Partager le quotidien d’une famille est une experience qui restera à vie dans ma memoire. Ils ont tous partagé avec nous malgré le peu de moyens. Et c’est de la que j’ai pris conscience veritablement de cette solidarité qui doit perdurer.

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Je m’ai trompé à Abu Dahbi. Après 6 heures de vol je pensais que j’étais déjà aux Philippines. Les nettoyeurs des WC, les vendeurs de fast food, les vendeurs à l’aéroport était tous des Philippins. Quelques jours plus tard aux Philippines nos amis d’Anakbayan (une organisation d’étudiants) nous expliquaient le pourquoi d’une telle migration vers l’étranger : l’économie va très mail et tout le monde cherche une meilleure vie ailleurs. En moyenne 4000 personnes quittent chaque jour le pays. Lina nous raconte de ses difficultés pour faire étudier ses enfants même avec un revenu normal.

L’après-midi nous avons visité le parlement. La situation économique nous a été expliquées par Joel Manglungsod d’Anakpawis. Il y a un vrai besoin de changement politique. La structure du parlement et les défis pour les élections prochaines nous a été éclaircies. Aux Philippines on connaît les soi-disants « party-lists » c.a.d. des parties qui représentent des secteurs comme les jeunes, les ouvriers, les paysants,… Certains de ces parties sont fortement liées avec les syndicats qui mobilisent la population dans leurs actions.

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Une journée de plus sous le ciel des Philippines. Ce splendide paysage que possède cette region nous ferait même oublier leur realité. Cependant il nous aura fallu pas longtemps avant de submerger de cette utopie…En effet, cela ne reflète en rien leur condition de vie. Aujourd’hui, nous avons fait amplement connaissance avec les femmes des mineurs. Fortes, courageuses, généreuses et joviales sont autant de qualités qu’elles possèdent. Une grande responsabilité repose sur ces femmes. Leurs maris travaillent durant de longues heures dans les mines. Ainsi, elles prennent en charge plusieurs tâches domestiques. Etonnament, nous ne ressentons pas ce poids sur elle. Elles degagent une joie de vivre qui nous emporte malgré notre colère. Il était très enrichissant de comprendre la vie dans ce ‘mini village’ à travers le regard de ces femmes. Une journée d’une femme au village se remplit de tas de choses ( tâche ménagère, s’occuper des enfants…) Toutefois, la principale activité est l’agriculture locale ensuite viendra la vente de leur récolte. A nos yeux, ces tâches quotidiennes semblent pénibles mais nous le ne remarquons pas lorsqu’elles en parlent. Cette journée s'est clôturé par une visite des maisons des miniers. Il était inconcevable d’imaginer que dans seulement deux pièces pouvait vivre sept personnes. Les conditions de vies sont mediocres. C’est sur cette triste image que nous repartons encore plus determinés à les aider sans oublier leurs volontés d’une vie meilleure.