Disparitions forcées : les victimes ne sont pas tombées dans l'oubli

Le 12 avril 2007, des hommes armés ont enlevé les militants Luisa Posa-Dominado et Nilo Arado. Ils retournaient chez eux après un meeting politique à Ilo Ilo, lorsque leur véhicule a été arrêté par un groupe d'hommes armés non identifiés en treillis militaire. Les hommes ont ordonné à leur chauffeur, Jose Garachico, de sortir du véhicule et ils ont ouvert le feu sur lui, le blessant grièvement. Le véhicule a été retrouvé abandonné et calciné le lendemain, mais on n'a retrouvé aucune trace de Luisa Posa-Dominado et de Nilo Arado.

Luisa Posa-Dominado, porte-parole de la Société des anciens détenus pour la libération, contre la détention et pour l'amnistie (SELDA), et Nilo Arado, coordonnateur régional d'Anakpawis, un parti politique de gauche représentant des groupes marginalisés de la société, n'ont pas reparu depuis ce jour-là.

Trois audiences au cours desquelles des requêtes en habeas corpus (procédure permettant la comparution immédiate d'un détenu devant une autorité judiciaire, afin de contester la légalité de la détention, et de permettre ainsi une éventuelle remise en liberté) devaient être examinées se sont tenues en vain, car les militaires cités à comparaître ne se sont pas présentés. May Wan, la fille de Luisa Posa-Dominado, s'est entretenue avec Amnesty International en mars 2008 et a fait part de sa déception face à l'absence de progression de l'enquête. Elle espère pouvoir un jour revoir sa mère.

Des homicides à caractère politique et des disparitions forcées continuent d'être observés aux Philippines. Deux ans après le lancement du rapport d'Amnesty International intitulé Political killings, human rights and the peace process (ASA 35/006/2006), les témoins et les proches des victimes sont toujours privés de justice.

Amnesty International relance le 29 août 2008 sa campagne pour mettre fin à l'impunité dont bénéficient les responsables d'homicides à caractère politique et de disparitions forcées aux Philippines, en l'axant sur le thème de la nécessité pour la justice de briser la chaîne de l'impunité.

Le but de cette campagne est d'engager le gouvernement philippin à réformer la loi sur la protection des témoins, à ouvrir des enquêtes impartiales dans les meilleurs délais, à engager des poursuites et à veiller à ce que les responsables répondent de leurs actes. Il est nécessaire de mener une action internationale afin d'inciter le gouvernement philippin à honorer son obligation de protéger les droits humains.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur http://asiapacific.amnesty.org.