L'organisation internationale du travail va enquêter aux Philippines

Le jeudi 19 mai 2009, les syndicalistes belges qui se mobilisent en faveur de leurs collègues philippins ont reçu de bonnes nouvelles. Le le gouvernement philippin a finalement accepté que l’Organisation Mondiale du Travail (OIT) envoie une mission aux Philippines pour enquêter sur les meurtres de représentants syndicaux.

Cette nouvelle a aussi ravi toutes les personnes actives au sein de la campagne "Stop the Killings" car l'envoi d'une mission  était une de leurs revendications. Elles l'avaient rappelé lors d'une action organisée le 22 avril devant l’ambassade des Philippines à Bruxelles.

Les Philippines sont un des pays les plus dangereux pour les syndicalistes. Selon le Center for Trade Union and Human Rights 70 d'entre eux ont été assassinés ces 5 dernières années. La plupart de ces militants étaient liés à la fédération syndicale la plus progressiste, la KMU (Kilusang Mayo Uno ou Mouvement du 1er Mai).

Ces meurtres font partie d'une vague d’assassinats qui s'est abattue sur le pays ces dernières années. Karapatan, L’organisation philippine des droits de l’homme a dénombré un millier d'assassinats politiques depuis l’accession au pouvoir de Gloria Arroyo en 2001. L'implication des militaires dans la plupart de ces crimes ne fait pratiquement plus aucun doute.

En novembre 2006, la KMU a porté plainte auprès de l’OIT pour dénoncer l'implication du gouvernement dans l'éxécution de syndicalistes. En juin 2007, lors de la conférence mondiale de l’OIT deux commissions ont examiné cette plainte. Au terme de leur travail, elles ont demandé à l'OIT d'agir auprès du gouvernement philippin pour qu'il accepte l'envoi d'une "mission sur le terrain. afin de faire toute la lumière sur les différents aspects de cette affaire". Comme les autorités philippines sont membres de l’OIT, elles doivent approuver l'organisation d'une telle entreprise pour que celle-ci puisse voir le jour. En 2007 comme en 2008, elles s'y sont opposées.

Mais, cette année, la situation a évolué différemment. Grâce aux campagnes internationales et à la forte implication de la Belgique, la question des assassinats politiques aux Philippines a refait surface. Le président du syndicat ACV (Algemeen Christelijk Vakverbond), Luc Cortebeeck aidé par des syndicalistes philippins a produit divers témoignages. Finalement, le gouvernement philippin a été contraint d'accepter une mission de l'OIT tout en déclarant que les défenseurs des droits de l’homme exagèraient quelque peu. Selon lui “seuls 14 syndicalistes ont été tués par des militaires", ce qui ne semble pas constituer à ses yeux une situation particulièrement inquiétante.