Menace sur la liberté de l'internet philippin

 

Une nouvelle loi sur la cybercriminalité aux Philippines qui prévoit des peines de douze ans de prison à toute personne postant des commentaires diffamatoires sur facebook ou twitter scandalise les utilisateurs d’internet et militants des droits de l’homme.

L’objectif défini par cette loi est de combattre la pornographie sur internet, le piratage, l’usurpation d’identité et le spamming dans une nation dominée par une pratique conservatrice du catholicisme. La police philippine s’était plainte en amont de ne pas posséder d’outils légaux permettant d’éradiquer la criminalité sur internet.

Mais la loi inclut aussi une clause permettant l’application d’une loi sur la diffamation criminelle dans l’espace internet du pays, sauf que les pénalités imposées par cette loi seraient bien plus élevées pour la diffamation sur Internet que sur les médias traditionnels.

Elle autorise aussi les autorités à rassembler des informations personnelles sur les comptes d’utilisateurs sur les médias sociaux et de mettre sur écoute des comptes vidéo/audio comme celui de Skype, sans préavis.

Les adolescents qui retweete sans méfiance ou remettent en ligne du contenu à caractère diffamatoire sur les médias sociaux pourraient faire les frais de cette loi selon Noemi Dado, une bloggeuse célèbre de Manille qui gère un média citoyen en ligne appelé Blog Watch.

Ces adolescentes ou quiconquetrait met en ligne un message diffamatoire risque une peine de douze ans de prison et une amende d’un million de pesos (24 000 $). Les rédacteurs en chef de journaux et autres professionnels des médias traditionnels pourraient encourir 4 ans de prison et/ou payer une amende de 6 000 pesos.

Cinq pétitions dénonçant une loi anticonstitutionnelle ont été enregistrées auprès de la court suprême. Le sénateur Teofisto Guingona, le seul à s’être opposé à ce projet de loi le jour du vote du Sénat, est l’auteur de l’une de ces pétitions.

'Sans définition claire du crime de diffamation commis et des personnes visées, pratiquement tout le monde peut désormais être accusé d’un crime, même si vous ne faites que re-tweeter ou publier un commentaire sur n’importe quelle mise à jour internet ou message de blog,' a déclaré Guingona à la court avant d’ajouter que 'les clauses mises en cause nous renvoient à l’âge de pierre.'

Les cinq pétitions disent toutes que la loi enfreint la liberté d’expression, le jugement en bonne et due forme, l’égalité de la protection, et l’intimité en matière de communication.