Les activistes de "Stop the killings" ne se laissent pas intimider par la liste noire philippine

L’organisation américaine des Droits de l’Homme, Human Rights Watch fit la lumière fin septembre sur le constat suivant : L’autorité philippine détient une liste noire de 504 étrangers qui ne sont pas bienvenus dans le pays. Sur cette liste figurent aussi différents activistes de "Stop the killings" qui par le passé ont fait des déclarations critiques sur le gouvernement de Gloria Arroyo,

Mon nom figure aussi dans la liste. Je suis cependant en bonne compagnie. Dans la longue liste des noms issus de plus de 50 pays, Human Rights Watch reconnaît différents religieux, des avocats des droits de l’homme, des membres d’organisations sociales et même Ramsey Clark, un ancien ministre de la justice américain.

Selon les documents officiels que Human Rights Watch a rendus publics, les personnes qui figurent sur la liste auraient des liens avec les Taliban ou Al-Qaeda – une accusation complètement absurde. En réalité, il s’agit dans beaucoup de cas de personnes qui se sont prononcées sur la vague meurtrière des représentants de mouvements sociaux dans le pays ou qui prirent part à des missions ou à des conférences sur les droits de l’homme aux Philippines.

”Si un pays qui s’érige comme un modèle de démocratie et de libre opinion publique met sur une liste noire les personnes qui ont une critique sur le gouvernement, alors c’est scandaleux”, dit Sophie Richardson, la directrice de Human Rights Watch Asie. “Beaucoup de gens sur la liste n’ont rien fait d’autre que d’exprimer une critique sur le gouvernement ou s'impliquent dans la protection des philippins face aux violations des droits de l’hommes des services de sécurité.”

L’existence de cette liste n’était pas une surprise. Mais c’est bien la première fois qu’elle est publiée. En décembre de l’année passée il y avait eu un premier incident quand un avocat américain des Droits de l’Homme se vit refuser l’accès au pays. Il avait pris part quelques mois auparavant à une mission des Droits de l’Homme. Depuis lors la liste fut remaniée et en proie à multiples changements pour être finalement considérée comme une liste noire ou une “liste d’attente”. Lors de certaines périodes, chaque personne qui figurait dans la liste était retenue de manière effective à la frontière. Dans des périodes plus calmes, on pouvait encore rentrer dans le pays mais en étant fortement gardés à l’oeil.

Selon les documents officiels, la liste devrait être abolie depuis le 10 août. Etant donnée l’existence antérieure de la liste a toujours été tenue secrète, on ne sait pas clairement si et quand elle sera à nouveau d'application. Human Right Watch appelle donc le gouvernement philippin a fournir des explications et à arrêter de refuser les étrangers qui critiquent le régime.

Il va de soi que nous ne nous laisserons pas intimider. Nous continuerons à nous impliquer dans la campagne "Stop the killings" qui veut dénoncer la politique continue de meurtres et de disparitions aux Philippines et ailleurs. Le 10 décembre, journée internationale des Droits de l’Homme, nous plannifions de nouveau une action de solidarité.

Cette liste confirme que notre solidarité et nos actions ne passent pas inaperçues et que la pression internationale dérange la Présidente Arroyo.

Wim De Ceukelaire